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XIIIes Journées Internationales de Sociologie du Travail "Mesures et démesures du travail" (JIST2012 - 25, 26 et 27 janvier 2012)

Publié le 22 mars 2023 Mis à jour le 14 avril 2023
MESURES ET DEMESURES DU TRAVAIL

Colloque international



La XIIIe édition des Journées Internationales de Sociologie du Travail "Mesures et démesures du travail"
s’est tenue à Bruxelles les 25, 26 et 27 janvier 2012.

Les ambitions de ces journées sont à la mesure du double anniversaire qu’elles célèbrent: les 50 ans du Traité de sociologie du travail co-dirigé par Pierre Naville et Georges Friedmann, ainsi que le 25e anniversaire des JIST.

Ces journées ont été organisées par le Centre METICES.

Le travail divise et se divise, or le travail ne se voit pas. Le travail se rémunère, il est mesure de toute marchandise, mais il ne se mesure pas. On dénombre des jours ouvrables et des heures de travail, même si le travail ne se compte pas. Prendre la mesure signifie aussi mettre en rapport. C’est ce que les sociétés n’arrêtent pas de faire lorsqu’elles distinguent, classent, hiérarchisent et redistribuent les activités laborieuses.

Dans un monde capitaliste où tout homme est censé calculer, où tout se comptabilise, rien n’échappe à la mesure. Tout lui résiste, pourtant, à commencer par le travail, grandeur étalon et pourtant incommensurable. La sociologie a hérité d’un XIXe siècle, hanté par la mesure. La sociologie du travail s’est elle-même construite contre la mesure de Taylor, au risque de se situer – malgré elle – en posture de rivalité avec lui. Du rendement à la productivité, des tarifs à l’équité salariale, de l’aptitude à la qualification, en passant par les classifications et la job evaluation, tous les tenants et aboutissants du travail sont investis par le calcul. Et quand il s’agit de se dégager de l’entreprise et de ses codes pour appréhender les rapports sociaux sans les naturaliser, combien d’analyses ne se sont-elles pas laissées surprendre à dénombrer la composition des classes à mettre en rapport ?

La mesure apparaît donc comme un thème décisif et générique, susceptible d’inspirer et de féconder une transformation de nos manières de penser. Qui mesure quoi et avec quels effets ? Comment mesure-t-on ? Faut-il dissocier le processus et son résultat ? Ce résultat est-il forcément chiffré ? Faut-il distinguer « mesure », « évaluation » et « valorisation »? À ce stade, toutes ces questions restent ouvertes.

En revanche, la tension entre mesure et démesure qui amorce ces XIIIe Journées en traverse tous les axes. La mesure implique la démesure, au sens où la réalité saisie et ordonnée selon une dimension y échappe forcément selon d’autres perspectives. Rien n’échappe à la mesure et rien ne s’y réduit. La mesure n’épuise jamais ce qu’elle prétend mesurer et en même temps, elle occulte toujours quelque chose.


CONFÉRENCE INAUGURALE

Quelle mesure pour le travail animal ? Vinciane Despret, philosophe et psychologue, département de philosophie de l’Université de Liège Bibliographie sélective de Vinciane Despret.

  •  Penser comme un rat, Sciences en questions, Quae, 2009.
  •  Bêtes et Hommes, Paris, Gallimard, 2007.
  •  Hans, le cheval qui savait compter, Paris, Le Seuil/ Les Empêcheurs de penser en rond, 2004.
  •  Quand le loup habitera avec l’agneau, Paris : Le Seuil/ Les Empêcheurs de penser en rond, 2002.
  •  avec J. Porcher, Etre Bête, Arles, Actes sud, 2007.

PROGRAMME DU COLLOQUE

Ouvrage du colloque "Mesures et démesures du travail",

Edité par Mateo Alaluf, Pierre Desmarez et Marcelle Stroobants
oct


SOUTIENS FINANCIERS

Le colloque est organisé avec le soutien du FNRS, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, de l’Académie universitaire Wallonie-Bruxelles, de la Faculté des sciences sociales et politiques de l’ULB et de l’Université Libre de Bruxelles.